Lorsqu’on écrit de la fiction, on voit souvent apparaître dans nos récits, un antagoniste. Mais créer un antagoniste qui a de la gueule, c’est pas facile. On est souvent tiraillé entre l’envie de dépeindre un odieux personnage et notre propre image de ce qui est “contraire” au bien… A savoir quelque chose d’un peu plus nuancé que tout noir ou tout blanc.

créer un antagoniste
Photo by ahmed zid on Unsplash

Pourquoi créer un antagoniste ?

Par définition, l’antagoniste représente le ou les personnages qui vont mettre un coup de pied dans l’ordre établi de notre récit et dans la vie de nos personnage principaux, souvent. Pour moi, tous les romans ont un ou plusieurs antagonistes, plus ou moins explicitement représentés.

Quand on parle de créer un antagoniste, on ne parle pas forcément de ce méchant qui se balade dans les rues de New York avec une cape noire et une cagoule sur la tête (c’est quel genre de super-méchant ça Cam ?).

À quoi ça sert un antagoniste ?

Si je vous parle un peu de la base de ce mot, il s’agit en fait d’une molécule qui interagit et qui souvent bloque le mécanisme d’une autre molécule naturelle. Ainsi, la molécule antagoniste bloque les actions et les capacités de la molécule dite naturelle.

Comme ça, vous vous dites sûrement que ça n’a rien à voir avec le roman. Mais si vous réfléchissez bien, vous voyez le parallèle ? 😁

L’antagoniste, c’est ce personnage qui vient bloquer l’avancée de vos personnages principaux. Qui lui met des bâtons dans les roues pour faire court. Alors ça peut-être la méchante reine dans Blanche-Neige oui, mais ça peut aussi être ce flic un peu véreux assoiffé de pouvoir et en manque de reconnaissance…

La seule règle pour créer un antagoniste… C’est qu’il n’y a pas vraiment de règles établies. 😂

Votre antagoniste (ou VOS car c’est possible d’en mettre plusieurs dans votre récit) sont là pour challenger vos personnages principaux et les placer en face de :

  • leurs faiblesses,
  • leurs incohérences,
  • leurs ambitions…

Créer un antagoniste ça vous permet finalement d’apporter des anti-thèses en face des thèses portées par votre roman.

Exemple : votre personnage principal est un flic qui doit démanteler un cartel -> votre antagoniste pourrait être un dealer haut-placé qui ne se laisser pas attraper si facilement et met sur la route du flic toute sorte d’embuches.

L’auteur, créateur de TOUS ses personnages

J’ai déjà vu certaines personnes expliquer que leur antagoniste était finalement peu développé parce qu’ils “ne l’aimaient pas” et que c’était “le méchant”.

C’est absurde ! 🤭 Un auteur ne peut pas choisir de quels personnages il est le créateur, et desquels il se désintéresse. Il écrit l’intégralité de l’histoire et tous les personnages sont importants, à leur manière.

Ce qui me gêne encore plus, c’est qu’en tant que lecteur, on ressent ces choses là… Vous ne trouvez pas ? Quand le “méchant” est mis de côté, qu’il met des bâtons dans les roues parce que c’est son “job”… Mais que les raisons sont tout de même très superficielles.

Ne mettez personne de côté, vous n’avez pas le droit de choisir cette option. Sinon quoi ? Sinon votre histoire n’a plus aucune nuance, c’est un long fleuve tranquille et de ce fait, elle perd de sa substance. Vous ne voulez pas ça… Je crois !

Créer un antagoniste qui a une raison de l’être

C’est peut-être la première chose qu’il faut vous demander pour créer un antagoniste qui a du sens et qui gagne un peu à exister.

Si vous vous êtes un peu penché (j’espère) sur les raisons qui poussent votre protagoniste, donc votre personnage principal à agir comme il agit… Maintenant il faut creuser les raisons d’exister de votre antagoniste. Encore une fois ça peut être quelqu’un de seul, ou un groupe.

Exemple : C’est mon cas dans le tome 1 des Quatre Mondes où les antagonistes sont représentés par un groupe caché mais assez populaire au sein du peuple, qui agit mal mais pour des raisons… Intéressantes. Politiques. Personnelles.

Pour créer un antagoniste qui a du sens, je vous conseille vivement de penser déjà son historique. Pourquoi fait-il ce qu’il fait ? Pourquoi agit-il de cette manière ? Comment peut-il arriver à ses fins ?

Les raisons qui poussent un antagoniste à faire ce qu’il fait peuvent être vraiment diverses mais si vous partez de ce point de départ, croyez-moi, ça va vous ouvrir un nombre incalculable de portes !

  • Raisons personnelles : il a été touché plus jeune par une injustice, par une situation initiée par le protagoniste, traumatisé psychologiquement, agressé physiquement…
  • Raisons politiques : pour arriver à ses fins politiques, il a besoin d’éliminer ses concurrents (les protagonistes par exemple) ou de se servir d’eux…
  • Raisons religieuses : pour asseoir la légitimité ou le pouvoir du culte auquel il croit et appartient, il doit éradiquer tout ce qu’il trouve hérétique et contraire à cet ordre…
  • Raisons familiales : pour faire en sorte que son frère abdique et ne devienne pas roi, il va mettre des bâtons dans les roues du système et dégoûter son frère et faire en sorte qu’il lui cède le trône…

Vous avez saisi l’idée ? 😉 C’est un peu infini et surtout vous pouvez additionner un tas de raisons, qui rendront le tout plus complexe encore.

Une personnalité complexe, please !

Justement en parlant de complexité je voulais terminer sur la notion de personnalité.

🖋 Lire aussi > Donner de la personnalité à ses personnages

Souvent les antagonistes sont un peu les mal-aimés de l’histoire, ce qui en soi est normal car c’est ce que VOUS avez voulu donner comme impression au lecteur : “déteste ce personnage car il empêche le personnage principal d’atteindre son but”.

Sauf que vous le savez, dans la vie rien n’est tout noir ou tout blanc. Il y a des nuances… Un peu de gris anthracite, un peu de gris souris… Bref vous avez compris. 😝

Le but pour vous est de créer un antagoniste, ou plusieurs, qui soient assez profonds pour être crédibles. Vous devez absolument rentre votre antagoniste profond, lui permettre d’avoir peut-être des “second thoughts” (des regrets/remords). Ou à l’inverse, jouez avec le côté complètement irrécupérable et immoral de sa personnalité.

Exemple : l’exemple qui me vient en tête à l’instant T c’est celui du Joker dans le film de Todd Phillips (2019) qui à la base est un pauvre gars qui est simplement atteint d’un trouble mental. Il ne peut pas s’empêcher de rire. Il est un jour agressé et ça marque vraiment lle moment où il vrille complètement. Vous voyez ici que le personnage a “des raisons” de devenir celui qu’il devient ; pourtant, ses actions restent immorales et très graves !

Donc allez-y, mettez le paquet sur la personnalité pour créer un antagoniste qui ait du relief et qui ne soit pas juste le “bad boy” du lycée. 😌

Des questions ? Viens me les poser sur Instagram

1 commentaire

  1. Bon article Camille ! Je partage ton opinion sur le fait de donner l’importance à son antagoniste! Je me demande si c’est possible de développer le méchant ou l’antagoniste de façon à ce qu’il soit plus apprécié que le héros ou que le “gentil”?

    Je me dis aussi, pourquoi pas finir son récit par une victoire de l’antagoniste? 🙂

Un petit mot ?

%d blogueurs aiment cette page :